Nina Rose : Le Parfum Qui M’a Fait Croire Aux Contes

Il trainait sur la coiffeuse de ma grand-mère, ce petit flacon pomme rose bonbon. J’avais douze ans et je trouvais ça carrément ringard. Les pommes, les princesses, très peu pour moi à l’époque. Je voulais du noir, du gothique, du rebelle.

Dix ans plus tard, je suis tombée dessus dans un vide-grenier.

La Rencontre (Ou Plutôt Les Retrouvailles)

Le flacon était intact. Cette pomme rose translucide avec ses feuilles argentées. Je l’ai acheté pour trois euros, juste pour le souvenir. Pas pour le porter, hein. Juste pour avoir un morceau de mamie près de moi.

Sauf que le soir même, j’ai vaporisé. Une fois. Puis deux.

Et là…

Comment dire. C’était comme retrouver un pull oublié qui sent encore l’adoucissant de l’enfance. Mais en plus complexe. En plus troublant.

Ce Que J’ai Senti D’abord

La framboise. Franche, juteuse, presque acidulée. Pas la framboise sirupeuse des bonbons, non. Celle qu’on cueille dans le jardin en été, celle qui tache les doigts. Elle arrive avec quelque chose de vert – je ne sais pas trop comment l’expliquer – quelque chose qui sent l’herbe fraîchement coupée.

Franchement, je m’attendais à du sucre pur et dur. Nina Ricci et sa pomme rose, forcément, ça devait être gentillet. Mais non. Il y a une fraîcheur qui surprend, une vivacité.

Bref. Première impression : pas si sage que ça.

Quand Le Cœur Se Dévoile

Vingt minutes plus tard, Nina Rose change complètement. La framboise s’assagit et laisse place à quelque chose de plus doux, plus enveloppant. Des pétales de rose, mais pas celles des parfumeries chics. Plutôt les roses thé de mamie, celles qui poussaient contre le mur de la maison.

Il y a aussi cette note poudrée qui apparaît. Subtile. Délicate même (et je déteste ce mot d’habitude). Ça sent un peu la violette, un peu l’iris, un peu le talc d’autrefois. Ce côté rétro qui normalement me fait fuir, là, il me réconforte.

Je crois que c’est ça qui m’a eue. Cette douceur sans mièvrerie. Cette féminité assumée sans être nunuche.

Le Fond, Celui Qui Reste

Des heures après, il reste ce musc blanc légèrement vanillé. Presque lacté. C’est doux comme un cachemire, chaud comme une couverture. Rien d’agressif, rien qui crie. Juste une présence rassurante sur la peau.

Le cèdre apporte une touche boisée – juste ce qu’il faut pour éviter le trop-plein de sucre. Parce que oui, il y a du sucre dans Nina Rose. Mais dosé avec intelligence. Pas écœurant.

Les Moments Où Je Le Porte

Au début, je le mettais seulement chez moi. En pyjama le dimanche matin, avec un thé et un livre. C’était mon parfum doudou, celui qui me rendait douce avec moi-même.

Puis j’ai osé le porter au travail. Un lundi pluvieux de novembre. Ma collègue Sophie m’a dit : “Tu sens bon, c’est quoi?” J’ai hésité avant de répondre. Nina Rose, ça sonne tellement… girly. Tellement pas dans l’air du temps des noirs fumés et des cuirs sauvages.

Mais vous savez quoi? Je m’en fichais.

Maintenant, je le porte les jours où j’ai besoin de tendresse. Les jours où le monde est un peu trop dur, un peu trop gris. Les jours où j’ai envie qu’on me prenne dans les bras sans avoir à le demander.

Confession : Je L’ai Mis À Un Rendez-vous

Premier rendez-vous avec Lucas. J’avais prévu de mettre mon Black Opium, histoire de faire la fille mystérieuse et sexy. Et puis non. Au dernier moment, j’ai attrapé Nina Rose.

Pourquoi? Pas sûre. Peut-être parce que j’en avais marre de jouer un rôle. Peut-être parce que ce parfum, c’est vraiment moi. La vraie. Celle qui aime les films de Noël en juillet et les pâtisseries à la rose.

Il n’a rien dit sur le parfum ce soir-là. Mais trois mois plus tard, il m’a avoué que mon odeur l’avait “mis KO dès la première seconde”. Comme quoi.

Ce Que Nina Rose M’a Appris

Qu’on peut être féminine sans être faible. Qu’on peut aimer le rose sans être superficielle. Qu’un parfum “joli” n’est pas forcément un parfum “creux”.

Il m’a aussi appris à assumer mes goûts. Pendant des années, j’ai porté des parfums que je trouvais “cool”, “dans le coup”. Des trucs que tout le monde adorait. Mais qui ne me ressemblaient pas vraiment.

Nina Rose, personne ne le porte autour de moi. C’est pas le parfum dont on parle sur les forums. C’est pas la nouveauté qui fait le buzz. C’est juste un joli flacon pomme qui sent bon et qui me rend heureuse.

Et franchement? Ça me suffit amplement.

Les Détails Techniques (Parce Qu’il Faut Bien)

Si vous voulez en savoir plus sur la composition exacte, sachez que c’est un floral fruité sorti en 2019. Création de Nathalie Lorson et Olivier Cresp – deux nez qui savent y faire, clairement.

Tenue? Correcte, sans être exceptionnelle. Quatre à cinq heures sur ma peau. Moins si je transpire. Le sillage reste discret, intime. C’est un parfum pour soi d’abord, pour les autres ensuite.

Prix? Abordable. Entre 50 et 70 euros selon la contenance. Le flacon de 80ml me dure presque un an en portant quotidien.

À Qui Je Le Recommanderais

Aux filles qui en ont marre de faire semblant d’aimer les parfums “badass” alors qu’au fond, elles kiffent le rose et les trucs mignons.

À celles qui cherchent un parfum réconfortant sans tomber dans la gourmandise écœurante.

À celles qui veulent sentir bon sans que tout l’open space le sache.

Mais aussi – et ça va peut-être vous surprendre – aux filles un peu rock qui veulent jouer avec les contrastes. Nina Rose avec un perfecto en cuir et des boots? Ça marche carrément bien. Cette douceur qui contraste avec un look dur, c’est troublant.

À Qui Je Ne Le Conseillerais Pas

Si vous détestez tout ce qui est poudré, fuyez. Si le mot “rose” vous fait grincer des dents, passez votre chemin. Si vous cherchez un parfum qui fait tourner les têtes à trois mètres, ce n’est pas le bon.

Nina Rose, c’est un murmure, pas un cri.

Ma Confession Finale

J’ai trois flacons d’avance dans mon armoire. Oui, trois. Parce que Nina Rose n’est pas le parfum le plus vendu de Nina Ricci. Parce que j’ai peur qu’un jour, ils arrêtent de le produire. Parce que l’idée de ne plus pouvoir le porter me rend étrangement triste.

C’est bête, je sais. Ce n’est qu’un parfum. Mais c’est aussi ma madeleine de Proust, mon câlin en flacon, ma petite douceur quotidienne.

Parfois, je me demande si mamie l’aimait vraiment ou si c’était juste un cadeau qu’on lui avait fait. Je ne le saurai jamais. Mais j’aime penser qu’elle l’aurait porté si elle avait su qu’un jour, il me rendrait heureuse.

Vous voyez, un parfum peut devenir bien plus qu’une odeur. Il peut devenir une histoire, un héritage, une manière de garder près de soi ceux qui sont partis.

Nina Rose, c’est ça pour moi. Et vous, quel parfum vous ramène chez vous?

Emma Jaubert

Passionnée de parfums, j'explore les fragrances avec émotion et sincérité. Chaque flacon raconte une histoire, et je suis là pour la partager avec vous.

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