Nina de Nina Ricci : La pomme rouge de mes quinze ans

J’avais quinze ans et des joues qui rougissaient pour un rien. Ma mère m’avait donné cinquante euros pour mon anniversaire, avec cette phrase : “Achète-toi quelque chose qui te fait plaisir”. Je suis entrée dans un Sephora un samedi après-midi, le coeur battant comme si j’entrais dans un casino.

Les flacons alignés me terrifiaient un peu. Trop de choix. Puis je l’ai vue.

Cette pomme qui m’a tout de suite parlé

Le flacon en forme de pomme rouge brillait sous les néons. Kitsch? Carrément. Mais j’avais quinze ans et je trouvais ça magnifique. La vendeuse m’a vaporisé Nina sur mon poignet avec un sourire complice – elle savait. Ce parfum allait devenir mon premier amour olfactif.

La pomme verte explose d’abord. Acidulée, presque piquante. Puis arrive un caramel au citron qui adoucit tout. Je me souviens avoir reniflé mon poignet pendant vingt minutes dans le magasin. Ma mère m’attendait dehors et je ne voulais plus partir.

J’ai découvert plus tard que beaucoup de célébrités portaient Nina, comme le raconte notre avis sur Nina. Mais à l’époque, je m’en fichais. C’était MON parfum.

La formule qui me bouleverse encore

Les notes de tête jouent sur la pomme verte et le citron de Calabre. Ça pétille. Vraiment. Comme des bulles de champomy qu’on buvait en cachette.

Au coeur, la pivoine s’installe avec une douceur presque talqueuse. Il y a aussi de la praline – ce qui explique pourquoi je sentais le bonbon ambulant au lycée. Les garçons me demandaient si je mangeais des Tagada en cours (j’ai mis trois ans à comprendre que c’était une tentative de drague).

Le fond tient sur le cèdre et le musc blanc. Là, Nina devient plus mature. Moins adolescente. La pomme se calme, le caramel s’assagit. Il reste juste cette trainée poudrée qui sent bon le linge propre et les dimanches tranquilles.

Ce que personne ne dit sur Nina

Les premiers jours, j’en mettais trop. Beaucoup trop. Ma prof de français m’avait fait un commentaire… disons diplomatique. “Emma, on te sent arriver trois minutes avant toi.”

J’ai appris à doser. Deux pulvérisations suffisent largement. Une dans le cou, une sur les poignets qu’on frotte – même si paraît-il il ne faut pas. Je frotte quand même. Parce que c’est MON rituel.

La tenue? Correcte sans être exceptionnelle. Six heures environ sur ma peau. Mais la trainée reste sur les vêtements jusqu’au lendemain. Mon écharpe sentait Nina pendant des semaines. Je l’enroulais autour de mon nez pendant les contrôles de maths.

Les moments Nina de ma vie

Mon premier rendez-vous. Le garçon m’avait dit : “Tu sens la pomme d’amour de la fête foraine”. Romance zéro, mais bon… il avait pas tort.

Ma remise de diplôme du bac. Nina ce jour-là, évidemment. Sur les photos, je peux presque sentir le parfum en les regardant. Cette mémoire olfactive qui te percute des années plus tard.

Les premiers jours de fac aussi. Perdue dans les couloirs immenses, Nina me rassurait. C’était mon cocon invisible, ma bulle familière dans un monde trop grand.

Pourquoi je continue à le porter

Parce que j’ai trente ans maintenant et que Nina me ramène instantanément à mes quinze ans. Pas de façon nostalgique et triste – plutôt comme un clin d’oeil à cette fille que j’étais. Maladroite, rêveuse, qui mettait trop de parfum et pas assez de mascara.

Les jours difficiles, je sors le flacon-pomme de mon tiroir. Deux pschitts. Et je respire. Ça me rappelle que j’ai survécu au lycée, aux premiers chagrins, aux examens impossibles. Si cette fille-là a tenu le coup, la femme que je suis peut faire pareil.

Pour voir les prix, je vous laisse chercher – je garde mes sources secrètes.

Ce que Nina m’a appris sur les parfums

Qu’on peut adorer un parfum pour de mauvaises raisons. Le flacon kitsch, le souvenir d’un âge précis, une émotion figée dans le temps. Et c’est pas grave.

Qu’un parfum gourmand n’est pas forcément écœurant. Nina marche sur un fil entre sucré et frais. Oui, ça sent la pomme caramélisée. Mais il y a assez de citron et de musc pour éviter le diabète olfactif.

Qu’un best-seller reste un best-seller pour de bonnes raisons. Des milliers de filles ont aimé Nina avant moi. Des milliers l’aimeront après. C’est réconfortant finalement, cette communauté invisible de porteuses de pommes rouges.

À qui je le conseillerais

Aux jeunes filles qui découvrent la parfumerie. Franchement, c’est le parfum parfait pour commencer. Pas trop cher, joli flacon, senteur accessible. Personne ne va détester Nina (même si personne ne va crier au chef-d’oeuvre non plus).

Aux femmes qui veulent se souvenir. De leurs quinze ans, de leur insouciance, de cette époque où un flacon de parfum représentait la chose la plus précieuse du monde.

Aux amatrices de gourmands fruités qui assument. Nina n’est pas subtil. C’est un parfum qui s’annonce, qui occupe l’espace, qui dit “je suis là”. Si vous cherchez la discrétion, passez votre chemin.

Les moments parfaits pour Nina

Les matins de printemps quand les arbres bourgeonnent. Les après-midis de shopping entre copines. Les soirées décontractées où on porte un jean et un sourire. Nina déteste les occasions formelles – c’est un parfum de liberté, pas de convention.

Je ne le porte jamais au travail. Trop sucré pour mes réunions sérieuses. Mais le vendredi soir? Absolument. Quand la semaine se termine et que le week-end commence, Nina signe ma libération.

Ma confession finale

J’ai quinze flacons différents maintenant. Des niche à trois cents euros, des compositions complexes avec des noms imprononçables. Pourtant, c’est vers Nina que je reviens quand rien ne va.

Les parfumeurs snobs vont ricaner. “Nina Ricci, vraiment? À ton âge?” Mais vous savez quoi? Je m’en fiche complètement. Ce parfum m’a accompagnée pendant mes années de construction. Il mérite ma fidélité.

La pomme rouge trône sur ma commode, un peu ébréchée maintenant. J’ai racheté le même flacon trois fois. Bientôt quatre. Et je continuerai probablement jusqu’à mes soixante ans, ce qui fera rire mes petits-enfants.

Parfois je me demande : est-ce que j’aime vraiment Nina, ou juste l’idée de Nina? La fille que j’étais, les promesses de cette époque, l’innocence d’un premier parfum? Peut-être que je ne veux pas le savoir. Peut-être que cette confusion entre le parfum et le souvenir, c’est justement la magie.

Et vous, quel parfum vous ramène à vos quinze ans?

Emma Jaubert

Passionnée de parfums, j'explore les fragrances avec émotion et sincérité. Chaque flacon raconte une histoire, et je suis là pour la partager avec vous.

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