Purple Melancholia : j’ai craqué pour ce Valentino audacieux

Il y a ces parfums qui vous saisissent sans prévenir. Ceux qui vous rappellent que la parfumerie peut encore surprendre, déstabiliser même.

Purple Melancholia, je l’ai découvert par hasard dans une boutique Valentino où je n’avais rien à faire un mardi pluvieux. Le flacon violet profond m’intriguait. Son nom encore plus.

Cette première bouffée qui change tout

Bon, soyons honnêtes… la cardamome, je n’en raffole pas d’habitude. Trop verte, trop médicinale à mon goût. Mais là ?

Là, c’est différent.

Le parfumeur l’a poussée à son paroxysme, comme s’il voulait tester nos limites. Ça déferle, ça envahit, ça ne demande pas la permission. Franchement, j’ai failli reposer le testeur. Et puis… quelque chose m’a retenue. Cette intensité brutale cache une fragilité. Une mélancolie, justement.

La cardamome est mentholée, presque citronnée ici. Elle pulse. On sent l’épice verte sous toutes ses coutures – ce n’est pas une note de fond discrète, c’est une déclaration.

Le cœur improbable (qui fonctionne quand même)

Alors voilà le truc que je ne sais pas trop comment expliquer…

Au bout de vingt minutes, la noix de coco débarque. Pas celle des Maldives, plutôt celle des rêves d’été qu’on ne vit jamais vraiment. Crémeuse, presque lactée. Et juste à côté, sans prévenir, la lavande s’installe avec une générosité déconcertante.

Coco + lavande. Sur le papier ? Catastrophe annoncée.

Sur ma peau ? Quelque chose comme… de la nostalgie tropicale teintée de Provence imaginaire. Je sais, ça n’a aucun sens. Et pourtant ça tient debout, cette composition bancale. C’est exactement ce contraste qui m’a fait craquer (vous pouvez découvrir notre analyse plus approfondie de ces accords surprenants).

Ces moments où je le porte

Purple Melancholia s’est invité dans ma vie un peu par effraction. Je ne l’avais pas cherché – il était censé être pour un ami, d’ailleurs. Parfum masculin, disait l’étiquette.

Sauf que les étiquettes, bon…

Je le porte les jours où je me sens décentrée. Quand je veux quelque chose qui me ressemble sans me définir complètement. Les soirs d’automne où il pleut et où j’ai envie de chaleur sans tomber dans le gourmand facile. Les matins où je pars en rendez-vous important et où j’ai besoin d’une armure invisible.

Il tient longtemps. Vraiment longtemps. Au point que je le retrouve encore sur mon écharpe deux jours plus tard – cette cardamome tenace qui refuse de partir.

Le fond qui sauve tout (ou presque)

Heureusement – parce qu’on frôlait quand même le chaos olfactif – le fond se pose enfin.

Un boisé ambré qui rappelle à tout ce petit monde aromatique qu’il faut parfois savoir se calmer. Les notes boisées apportent cette profondeur, cette gravité nécessaire. L’ambre réchauffe sans étouffer.

C’est là que la famille boisé aromatique reprend ses droits. Mais même dans ce fond classique, on sent que Valentino a gardé cette touche maximaliste. Rien n’est mesuré, tout est généreux, presque excessif.

Et franchement ? J’adore cette absence de retenue. On en a tellement marre des parfums calibrés pour plaire à tout le monde qu’on oublie parfois que la parfumerie peut être un terrain de jeu, un espace de liberté.

Ce que j’aurais aimé savoir avant

Quelques vérités que j’aurais voulu qu’on me dise le jour où je l’ai acheté (ah, et j’oubliais : lire aussi ce que d’autres en pensent peut vraiment éclairer) :

  • Ce n’est pas un parfum discret. Si vous cherchez du « passe-partout bureau », passez votre chemin.
  • La cardamome peut vraiment dérouter les premières minutes. J’ai mis trois essais avant d’accepter cette ouverture brutale.
  • Le sillage est impressionnant. On me demande régulièrement ce que je porte quand je l’ai sur moi.
  • Il évolue beaucoup. Ce que vous sentez dans les cinq premières minutes n’a presque rien à voir avec ce qu’il devient une heure après.
  • Il fonctionne mieux sur peau tiède que sur vêtements – où il peut devenir presque agressif.

Pourquoi Purple Melancholia me touche

Comment dire…

Il y a quelque chose de profondément personnel dans ce parfum. Cette mélancolie pourpre dont il porte le nom, je la reconnais. C’est celle des dimanches soirs, des trains qu’on rate volontairement, des messages qu’on n’envoie pas.

Valentino a capturé cette émotion ambiguë – entre nostalgie et espoir, entre intensité et retenue (bon, surtout intensité quand même). Le violet du flacon n’est pas innocent : c’est la couleur du demi-deuil, du crépuscule, des sentiments complexes qu’on n’arrive pas à nommer.

Born in Roma, dit le nom. Né à Rome. Cette ville où l’histoire pèse sur chaque pierre, où la beauté cohabite avec la décadence. Purple Melancholia traduit ça en parfum – cette grandeur un peu fanée, cette élégance teintée de tristesse.

Ma conclusion très personnelle

Est-ce que tout le monde va aimer Purple Melancholia ?

Non. Clairement non.

Cette cardamome omniprésente va en faire fuir plus d’un. Le mélange coco-lavande paraîtra incompréhensible à certains. L’intensité globale semblera excessive aux amateurs de subtilité.

Mais ceux qui vont accrocher – et je suis de ceux-là – vont développer une vraie relation avec ce parfum. Pas un simple coup de cœur passager. Quelque chose de plus profond, de plus ancré.

C’est un parfum de conviction. Un parfum qui ne cherche pas à séduire à tout prix mais à exister pleinement. Dans une époque où tant de fragrances ressemblent à des algorithmes olfactifs conçus pour le consensus, Purple Melancholia prend des risques.

Et rien que pour ça, il mérite qu’on s’y attarde.

Entre nous ? Je ne suis toujours pas certaine de l’aimer complètement. Certains jours, je trouve cette cardamome insupportable. D’autres, je ne peux pas me passer de son étreinte aromatique.

C’est peut-être ça, finalement, un grand parfum : celui qui ne nous laisse jamais indifférent, même après des mois.

Emma Jaubert

Passionnée de parfums, j'explore les fragrances avec émotion et sincérité. Chaque flacon raconte une histoire, et je suis là pour la partager avec vous.

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