Le jour où j’ai voulu être une déesse
Je me souviens exactement du moment. C’était un mardi ordinaire, dans une parfumerie où je n’avais rien à faire. J’errais entre les présentoirs, un peu blasée si je suis honnête. Et puis ce flacon. Cette forme qui ressemble à une couronne grecque renversée, ce rose-or qui capte la lumière d’une manière presque arrogante.
J’ai vaporisé. Une fois.
Et j’ai su.
Cette première rencontre troublante
Le truc avec Olympea, c’est que ça ne ressemble à rien de ce que je portais avant. Franchement, j’étais plutôt team parfums discrets, ces trucs qui murmurent au lieu de crier. Mais là… comment dire? C’était une claque olfactive. Le genre qui ne demande pas la permission.
Au début, j’ai senti cette fraîcheur verte un peu salée. Bizarre, non? Comme si quelqu’un avait capturé l’air marin et l’avait mélangé avec quelque chose de doux. La mandarine verte arrive vite, piquante mais pas agressive. Et puis cette note salée qui persiste – c’est déroutant au début, je ne vais pas mentir.
Dix minutes plus tard, la transformation commence. Le jasmin d’eau se déploie, presque lactique. J’ai toujours trouvé cette note fascinante chez Olympea, parce qu’elle n’est pas du tout florale comme on l’imaginerait. C’est crémeux, presque comestible.
La descente dans la gourmandise
Bon, soyons honnêtes. Ce qui rend ce parfum addictif (et je pèse mes mots), c’est ce fond. Cette vanille salée qui se marie à l’ambre gris… c’est du génie ou de la folie, je ne sais pas trop. Peut-être les deux?
Certaines personnes trouvent ça écœurant. Je les comprends. La première semaine où je l’ai porté, j’ai eu des doutes. C’est sucré, c’est sensuel, c’est capiteux. Ça prend de la place dans une pièce. Beaucoup de place.
Mais voilà ce qui s’est passé : j’ai commencé à l’associer à mes moments de confiance. Les jours où j’avais besoin d’un coup de boost, je vaporisais Olympea. Réunion importante? Olympea. Premier rendez-vous après une rupture? Olympea. Journée où je me sentais invisible? Olympea, toujours.
Vivre avec une déesse sur ma peau
La tenue est… comment dire sans paraître excessive? Monstrueuse. Je l’ai porté un samedi matin avant d’aller bruncher. Le dimanche midi, je sentais encore la vanille salée sur mon poignet. Mon écharpe gardait son sillage trois jours après. C’est le genre de parfum qui squatte votre vie sans prévenir.
Et le sillage! Mon Dieu, le sillage. Je ne compte plus les “mais qu’est-ce que tu portes?” dans les ascenseurs. Les têtes qui se retournent dans le métro. Cette collègue qui m’a suivie jusqu’à mon bureau juste pour me demander le nom.
Les moments où Olympea fait sens
Il y a des parfums pour le quotidien. Olympea n’en fait pas partie (enfin, pas pour moi). C’est mon armure invisible pour les soirs qui comptent. Les dîners où je veux qu’on se souvienne de moi. Les soirées où j’ai besoin de me sentir… puissante, je crois que c’est le mot.
Un soir d’hiver, je suis sortie le porter sous un manteau en cachemire noir. La vapeur de mon parfum qui montait dans l’air glacé, mélangée à la chaleur de ma peau… j’ai compris pourquoi Paco Rabanne l’avait appelé comme ça. Olympea. La déesse moderne qui sent le sucre et le sel, la douceur et la force.
C’est troublant comme un parfum peut modifier la perception qu’on a de soi. Je me tiens différemment quand je le porte. Je parle autrement. Plus directe, peut-être? Moins dans l’excuse permanente.
Ce que personne ne dit sur Olympea
La vérité? Ce n’est pas un parfum consensuel. Ma sœur le trouve “trop”. Mon amie Léa dit qu’elle a l’impression de sentir la barbe à papa sophistiquée (je ne sais pas si c’est un compliment). Ma mère a froncé le nez la première fois.
Mais voilà ce que j’ai compris : Olympea ne cherche pas à plaire à tout le monde. C’est un parfum d’affirmation, pas de séduction discrète. Il divise, il marque, il reste. Vous voyez le genre?
La bouteille trône maintenant sur ma commode, à côté de mes autres parfums plus sages. Quelque chose dans sa présence me rassure. Comme un talisman qui me rappelle que j’ai le droit d’être remarquée, d’être mémorable.
L’évolution d’une relation olfactive
Au début, je le portais avec parcimonie. Trop intimidée par sa présence. Maintenant? Je suis plus généreuse. Trois pshitts : nuque, poignets, creux du coude. Parfois un quatrième dans les cheveux quand je me sens vraiment déesse.
L’hiver lui va particulièrement bien. Cette chaleur sucrée contre le froid, ce contraste entre la fraîcheur salée initiale et l’air glacé… c’est magique. L’été, je l’avoue, c’est plus délicat. Il peut vite devenir étouffant si on a la main trop lourde.
Ma confession finale
Olympea n’est pas mon parfum préféré. Là, je l’ai dit.
Mais c’est celui dont j’ai besoin. Celui qui me transforme les jours où je ne me sens pas à la hauteur. Mon parfum-courage, mon parfum-armure, mon parfum-déesse improvisée.
Est-ce que je le recommanderais à tout le monde? Probablement pas. Il faut être prête à assumer sa présence, son intensité, ses contrastes déroutants entre le salé et le sucré. Il faut accepter qu’on vous remarque, qu’on se retourne, qu’on vous demande ce que vous portez.
Mais si vous cherchez un parfum qui ne passe pas inaperçu, qui vous donne cette sensation d’être plus grande que vous ne l’êtes vraiment… alors peut-être qu’Olympea vous attend quelque part, sur un présentoir, dans son flacon-couronne.
Peut-être que vous aussi, vous vaporiserez une fois.
Et que vous saurez.