Je ne pensais pas qu’un parfum masculin me ferait cet effet. Mais bon, les étiquettes genrées, ça me fatigue un peu.
L’autre jour, en boutique, j’ai vaporisé Narciso Rodriguez for Him Musc Santal sur ma peau par curiosité. Trois heures plus tard, je continuais à humer mon poignet comme une obsédée. Quelque chose dans cette composition m’avait accrochée. Vraiment accrochée.
Cette première vaporisation qui change tout
Le genévrier explose d’abord. Pas de manière délicate – non, il s’impose, presque brutal. Cette facette verte et résineuse me ramène instantanément aux randonnées dans le Sud, quand on frôle les buissons de genièvre et que l’odeur reste collée aux doigts pendant des heures.
La sauge sclarée arrive juste après. Herbacée, presque médicinale. J’adore cette tension qu’elle crée, cette espèce de fraîcheur un brin austère qui empêche le parfum de basculer dans le confortable.
Et puis…
Le musc débarque. Partout. Quatre fois dans la pyramide – j’ai vérifié la fiche complète sur ce parfum pour être sûre. Narciso Rodriguez ne fait jamais les choses à moitié avec le musc, on le sait. Mais là, c’est carrément une obsession assumée.
Ce que le musc me raconte
Comment décrire ce musc ? Difficile. Il n’est ni poudré comme ceux que je porte d’habitude, ni animal. Il reste dans cette zone floue, presque abstraite, qui colle à la peau sans jamais hurler sa présence.
C’est sensuel, oui. Mais d’une sensualité retenue, pudique même. Je trouve ça troublant.
Certains matins, je vaporise ce parfum sur mon écharpe en cachemire. Le musc s’accroche aux fibres et me suit toute la journée, comme un souvenir persistant. Un peu comme ces personnes qu’on croise et qui laissent une empreinte invisible.
Le bois qui apaise
Au fond, le santal et le cèdre se partagent l’espace. Le cèdre domine d’abord – sec, presque minéral, avec cette petite amertume que j’aime tant dans les compositions boisées.
Le santal arrive plus tard, plus doux. Il enrobe, adoucit, crée ce contraste parfait avec la sécheresse du cèdre. Sur ma peau, ces deux bois tiennent des heures. Littéralement des heures.
L’autre soir, j’ai porté ce parfum pour un dîner. Vers minuit, en enfilant mon manteau, j’ai senti le santal qui persistait encore, mélangé à l’odeur de ma peau. Magique.
Les moments où je le porte
Je pensais que ce serait un parfum d’hiver. Erreur.
Je l’ai porté un matin de mars, fenêtres ouvertes, soleil timide sur le parquet. Le genévrier prenait une dimension presque méditerranéenne, la sauge vibrait différemment. J’ai compris qu’il fonctionnerait toute l’année.
Les dimanches matin, café à la main, cheveux détachés. Les soirs de semaine quand je rentre tard et que j’ai besoin de quelque chose qui me rassure. Les après-midi studieux à la bibliothèque – parce que oui, il ne dérange jamais, il reste proche de la peau.
Bref. Il s’est glissé dans ma vie sans que je m’en rende compte.
Cette famille boisé floral musqué
Narciso Rodriguez classe ce parfum dans la famille boisé floral musqué. Au début, l’étiquette “floral” m’a surprise. Où sont les fleurs ?
Puis j’ai compris. La sauge sclarée joue ce rôle de trait d’union entre le bois et le musc. Elle apporte cette texture herbacée qui fait office de bouquet abstrait, moderne. Pas de rose, pas de jasmin – juste cette sauge têtue qui refuse de partir.
Cette composition illustre parfaitement ce que la parfumerie masculine contemporaine peut proposer : des bois, oui, mais enrobés de musc et relevés d’une touche verte presque florale. Plus de codes stricts, juste des sensations.
Ce qui me surprend encore
Chaque note se répète dans la pyramide. Le genévrier revient trois fois, le musc quatre, le cèdre pareil. C’est presque hypnotique.
Narciso Rodriguez a voulu graver cette composition dans nos mémoires olfactives. Mission réussie, franchement. Impossible de confondre ce parfum avec un autre.
L’autre jour, quelqu’un dans le métro portait quelque chose de similaire. Mon nez s’est immédiatement tourné. Ce n’était pas tout à fait ça, mais suffisamment proche pour que je ressente cette petite étincelle de reconnaissance.
Ma confession finale
Je ne sais pas si ce parfum plaira à tout le monde. Probablement pas. Il est têtu, répétitif, obsessionnel même dans sa construction.
Mais moi ? J’y reviens sans cesse. Mon flacon trône maintenant sur ma table de chevet, à côté de mes livres et de ma lampe vintage. Certains soirs, avant de dormir, j’en mets une touche sur l’oreiller.
C’est devenu un rituel. Une façon de terminer la journée, de créer une bulle olfactive qui m’appartient. Le santal m’accompagne dans le sommeil, le musc reste discret mais présent.
Ce parfum sorti en 2026 restera-t-il dans les mémoires ? Deviendra-t-il un classique de la maison Rodriguez ? Aucune idée. Tout ce que je sais, c’est qu’il a trouvé sa place dans ma vie. Et ça, c’est déjà beaucoup.
Parfois, je me dis que les meilleurs parfums sont ceux qu’on ne cherchait pas…
Pour aller plus loin sur ce musc boisé, lisez notre analyse détaillée.