Je ne pensais pas écrire sur un parfum masculin aujourd’hui. Et pourtant…
C’est mon frère qui m’a mise sur la piste. Il était venu dîner à la maison il y a trois semaines, et j’ai senti quelque chose de différent quand il m’a embrassée. Pas son habituel boisé-vanillé-qu’on-trouve-partout. Non, là c’était… comment dire, plus aérien? Plus architectural aussi.
La Lavande Qui N’en Est Pas Une
Luna Rossa Carbon EDP vient de sortir chez Prada. 2026, tout frais. Et franchement, je ne m’attendais pas à ça.
La première chose qui m’a frappée – et je sais que ça va paraître bizarre – c’est que la lavande ne sent pas la lavande. Enfin si, mais non. Vous voyez le genre? Elle est là, on la reconnaît, sauf qu’elle est enrobée de quelque chose de doux, presque sucré. J’ai mis deux jours à comprendre que c’était de la réglisse.
De la réglisse dans un parfum pour homme. Bon sang.
Et ça marche. Ça marche même incroyablement bien parce que ça enlève tout le côté savonnette-de-mamie que peut avoir la lavande quand elle est mal dosée. Là, elle devient presque gourmande (mais pas trop), presque douce (mais ça reste viril), presque… addictive?
Ce Cyprès Qui Change Tout
Bon, soyons honnêtes. Je n’aurais jamais repéré le cyprès toute seule. C’est en lisant la fiche complète que j’ai compris pourquoi ce parfum avait cette structure si particulière.
Le cyprès, c’est un peu le chef d’orchestre discret. Il donne ce côté légèrement résineux, presque méditerranéen, qui empêche l’ensemble de partir dans la gourmandise facile. Il ancre. Il structure. Il fait que ce parfum tient debout au lieu de s’effondrer dans le sucre ou la propreté fade.
J’ai demandé à mon frère de me laisser son flacon une journée. Je l’ai vaporisé sur une écharpe en cachemire (ne me jugez pas) et je l’ai gardée avec moi toute la journée pour observer l’évolution.
Les Premières Heures
Au début, c’est la lavande qui domine. Fraîche, presque mentholée, avec cette pointe de réglisse qui adoucit immédiatement. Pendant une bonne heure, ça reste dans ce registre aromatique très propre, très « je sors de la douche mais en mieux ».
Puis la réglisse prend plus de place. Pas de manière écœurante, plutôt comme une présence chaleureuse qui enveloppe. C’est là que le parfum devient intéressant, je trouve. Il perd son côté « eau de Cologne améliorée » pour devenir quelque chose de plus personnel.
L’Après-Midi
Vers 15h (j’avais vaporisé vers 9h), le cyprès s’impose davantage. Le parfum devient plus sec, plus boisé, avec une espèce de côté minéral qui fait penser à des galets chauds au soleil. La lavande est encore là mais elle s’est fondue dans l’ensemble, elle ne crie plus.
C’est vraiment à ce moment-là que j’ai compris pourquoi Prada l’avait appelé « Carbon ». Il y a quelque chose de presque graphite dans cette phase, quelque chose de moderne et d’épuré qui tranche avec les débuts plus classiques.
Mes Moments Avec Lui
Je sais que ce n’est pas pour moi, techniquement. C’est un parfum pensé pour les hommes, commercialisé pour les hommes. Mais…
Je l’ai porté quand même. Un samedi, pour aller au marché puis à mon cours de céramique. Et j’ai adoré cette sensation d’avoir quelque chose sur la peau qui ne correspondait pas aux cases habituelles.
Personne ne m’a dit « oh tu sens bon » (ce qui arrive souvent avec mes floraux). Par contre, trois personnes différentes m’ont demandé ce que je portais. Nuance importante. Ce n’était pas un compliment, c’était une curiosité.
Pour découvrir une autre analyse de ce parfum, je vous conseille de voir ce que d’autres en pensent – chacun semble y trouver quelque chose de différent.
À Qui Je Le Verrais Bien
Mon frère a 34 ans, il travaille dans l’architecture. Il porte des pulls en mérinos, des pantalons bien coupés, il conduit une voiture hybride et lit le journal sur son iPad. Luna Rossa Carbon EDP lui va comme un gant.
Ce n’est pas un parfum pour les jeunes qui cherchent à séduire en boîte de nuit (désolée). Ce n’est pas non plus pour les amateurs de boisés lourds qui veulent qu’on les sente à trois mètres. C’est plus subtil que ça. Plus… réfléchi?
Je le verrais bien sur quelqu’un qui aime les choses bien faites sans être tape-à-l’œil. Quelqu’un qui choisit ses vêtements avec soin mais qui ne parle jamais de mode. Quelqu’un qui préfère un bon restaurant discret à une adresse Instagram.
Et puis – confession – je le verrais bien sur certaines femmes aussi. Celles qui en ont marre des floraux prévisibles et qui cherchent quelque chose de plus affirmé sans tomber dans le cuir ou l’oud. Il faut oser, c’est sûr. Mais ça vaut le coup.
Ce Que J’ai Moins Aimé
Parce que je ne vais pas non plus faire comme si c’était parfait.
La tenue n’est pas exceptionnelle. Sur mon écharpe, ça a tenu la journée, mais sur la peau de mon frère (qui a une peau plutôt sèche), c’était devenu discret après 5-6 heures. Pas disparu, hein, mais il fallait vraiment s’approcher pour sentir.
Et puis il y a le prix. Je n’ai pas demandé exactement combien mon frère l’avait payé (on ne fait pas ça), mais en voyant le flacon, en sentant la qualité… disons que ce n’est pas un achat impulsif. C’est Prada, pas Zara.
La réglisse, aussi, ne plaira pas à tout le monde. J’ai fait sentir sur une amie qui a immédiatement grimacé. « Ça me rappelle les bonbons de mon grand-père », elle a dit. Voilà. Ça peut être un frein pour certains.
Cette Famille Fougère Réinventée
Je ne suis pas une experte en classifications olfactives (je laisse ça aux vrais nez), mais même moi je sens que Prada a fait quelque chose d’inhabituel avec la famille fougère.
Traditionnellement, les fougères c’est lavande-géranium-coumarine-mousse de chêne. Un truc très masculin, très barbershop. Là, avec cette réglisse et ce cyprès, on est ailleurs. C’est comme si on avait pris les codes classiques et qu’on les avait passés par un filtre contemporain.
D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur l’univers Prada et ses codes olfactifs, vous pouvez lire aussi ce qu’en pensent les aficionados de la marque.
Le résultat est moins herbacé que les fougères classiques, plus aérien aussi. Il y a une espèce de légèreté moderne qui fait qu’on peut le porter au bureau sans avoir l’impression de sentir comme son père dans les années 80.
Mon Verdict Personnel
Luna Rossa Carbon EDP ne va pas révolutionner la parfumerie. Ce n’est pas un chef-d’œuvre qui restera dans les mémoires pendant 50 ans.
Mais…
C’est un très beau parfum pour maintenant. Pour 2026. Pour les hommes (et quelques femmes audacieuses) qui cherchent quelque chose entre le classique et le moderne, entre le confortable et le différent.
Ce que j’aime le plus, je crois, c’est son honnêteté. Il ne prétend pas être révolutionnaire. Il ne joue pas la carte du niche ultra-conceptuel. Il dit simplement : « voilà de la lavande, de la réglisse et du cyprès, bien dosés, bien faits, dans un beau flacon ». Et ça suffit.
Mon frère l’a racheté après avoir fini son premier flacon. Ça en dit long, non?
Ces Détails Qui Font La Différence
Je ne peux pas finir sans parler du flacon. Parce que oui, ça compte aussi.
C’est du Prada typique : épuré, presque austère, avec ce code couleur noir-argent qui rappelle la ligne Luna Rossa. Le flacon tient bien en main, il n’est pas trop lourd, le spray est précis. Bref, c’est bien pensé.
Et puis il y a ce petit détail que j’adore : la texture du verre qui évoque effectivement le carbone, avec ses lignes entrecroisées. On peut le laisser sur une étagère sans avoir honte, ce qui n’est pas le cas de tous les parfums masculins (certains sont vraiment… comment dire… criards).
Voilà. Je ne sais pas si je vous ai donné envie de le sentir. Je ne sais pas non plus si vous allez l’aimer – les goûts en parfumerie sont tellement personnels.
Mais si vous cherchez une alternative intelligente aux boisés-ambrés-vanillés qui saturent le marché masculin, si vous voulez quelque chose d’un peu différent sans être extraterrestre, Luna Rossa Carbon EDP mérite qu’on lui accorde quelques minutes de son nez.
Moi, en tout cas, je continuerai à piquer l’écharpe de mon frère quand il passera à la maison. Juste pour retrouver cette sensation particulière de porter quelque chose qui n’était pas prévu pour moi mais qui me va quand même.
Et vous, vous oseriez sortir des sentiers battus?