J’ai senti Tabac Sahara par hasard, en fin d’après-midi. La lumière dorée traversait la vitrine de la boutique Guerlain. Je ne cherchais rien de particulier – juste ce moment où on flâne sans but précis.
La vendeuse m’a tendu une mouillette. Premier contact.
Cette première seconde où tout bascule
Comment dire… La framboise m’a surprise. Pas le genre de note qu’on attend quand on lit “tabac” sur un flacon. Les agrumes sont venus juste après, comme un rayon de soleil qui perce à travers la fumée d’un salon oriental. Cette ouverture m’a troublée – franchement, je m’attendais à quelque chose de plus sombre, plus masculin peut-être.
Bon, soyons honnêtes : Guerlain m’a eue dès ces premières minutes.
La framboise juteuse se frotte aux hespéridés pétillants… c’est frais, c’est vivant, ça réveille. Puis arrive ce moment – celui où le tabac se dévoile enfin, et là tout change.
Quand le tabac révèle sa douceur
Le cœur de Tabac Sahara, c’est une confidence murmurée plutôt qu’un cri. Le tabac aurait pu dominer, écraser le reste. Il ne le fait pas. Delphine Jelk (la créatrice) l’a enveloppé de baies rouges et de rose – pas n’importe quelle rose, attention. Une rose avec du caractère, presque sauvage.
J’ai porté ce parfum trois jours de suite pour comprendre. La feuille de tabac devient presque veloutée au contact de ces notes florales et fruitées. C’est difficile à décrire mais… disons que c’est comme fumer un cigare dans un jardin de roses à Marrakech (bon, je n’ai jamais fumé de cigare ni mis les pieds à Marrakech, mais vous voyez le genre?).
La texture change sur ma peau. Le tabac reste présent, évident, mais jamais agressif. Les baies l’adoucissent sans l’affadir. Cette tension entre fumé et fruité crée quelque chose d’addictif.
Ce que j’ai ressenti au fil des heures
Vers midi, le parfum s’est assombri légèrement. La rose s’est affirmée – pas la rose poudreuse de ma grand-mère, plutôt celle qu’on cueille encore humide de rosée. Et ce tabac… il traîne dans le sillage comme un souvenir qu’on ne veut pas oublier.
Entre nous, c’est le genre de parfum qui me fait tourner la tête vers mon poignet toutes les vingt minutes. Pour vérifier qu’il est toujours là, qu’il continue son histoire sur ma peau.
Le fond : là où Guerlain me perd complètement
Bon. Les notes de fond.
La vanille arrive comme une caresse. Crémeuse, chaude, mais jamais écœurante – c’est tout l’art de Guerlain, cette capacité à travailler la vanille sans tomber dans la pâtisserie. L’ambre s’invite progressivement, diffuse cette chaleur orientale que j’adore. Et puis il y a l’ambre gris… cette note marine, presque animale, qui ajoute une profondeur vertigineuse.
Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais le fond de Tabac Sahara me donne l’impression d’être enveloppée dans un châle de cachemire fumé à la vanille. C’est réconfortant et troublant à la fois.
Le sillage? Puissant sans être envahissant. On me l’a fait remarquer dans le métro (chose rarissime). “Vous sentez incroyablement bon, c’est quoi?” La dame avait la soixantaine, un foulard Hermès noué avec élégance. J’ai souri. Guerlain plaît à toutes les générations, visiblement.
Mes moments Tabac Sahara
Ce parfum, je le porte quand j’ai besoin de me sentir… différente. Plus audacieuse peut-être. Les soirs où je veux laisser une trace dans les mémoires – pas juste traverser une pièce.
Il accompagne mes journées grises d’automne, ces matins où le café ne suffit pas à réveiller l’âme. Tabac Sahara fait ce travail-là : il me sort de ma torpeur, me rappelle que je peux être complexe et douce à la fois.
Ah, et j’oubliais… Ce parfum vieillit magnifiquement sur mes vêtements. Mon écharpe en laine garde ce mélange tabac-vanille pendant des jours. Bref.
Pour qui, finalement?
Tabac Sahara se présente comme un parfum féminin, mais franchement… je l’imagine carrement bien sur un homme qui ose. Cette fragrance joue dans les deux camps sans se poser de questions. Elle demande juste qu’on assume son sillage, qu’on accepte de ne pas passer inaperçu.
Si vous aimez les orientaux qui sortent des sentiers battus, si le tabac vous intrigue sans vous effrayer, si vous cherchez quelque chose de moderne sans renier l’héritage de Guerlain… Alors testez. Vraiment.
La fiche complète sur ce parfum vous donnera tous les détails techniques que je n’ai pas évoqués ici – les concentrations, les formats disponibles, tout ça.
Ce que j’aurais aimé savoir avant
Tabac Sahara tient facilement 8 heures sur ma peau (qui a tendance à boire les parfums, d’habitude). Le sillage reste perceptible pendant au moins 4 heures – après, il se fait plus intime, plus confidentiel.
Question température : ce parfum préfère nettement l’automne et l’hiver. L’été? Trop lourd, pas mal étouffant même. Mais dès que septembre arrive avec ses premiers froids…
Prix? On est chez Guerlain. Donc oui, c’est un investissement. Mais la qualité des matières premières se sent immédiatement. Cette vanille n’a rien à voir avec les synthétiques bon marché qu’on trouve ailleurs.
Ma confession finale
Voilà maintenant trois semaines que je porte Tabac Sahara. Mon flacon de 75ml a déjà bien baissé (oui, je vaporise généreusement). Et je me surprends à hésiter avant de choisir un autre parfum le matin.
Cette création 2025 de Guerlain m’a rappelé pourquoi j’aime les orientaux : cette capacité à raconter des histoires complexes, à évoluer au fil des heures, à créer une bulle intime autour de soi.
Le tabac fumé qui rencontre la douceur fruitée… franchement, je n’avais jamais senti ça avant. Delphine Jelk a osé un mélange qui aurait pu virer au désastre. Ça n’a pas raté. Au contraire.
Tout le monde va aimer? Non, certainement pas. Le tabac divise toujours – c’est une note qui ne laisse personne indifférent. Mais ceux qui vont craquer… ils vont craquer fort. Comme moi.
Je range mon flacon dans le tiroir de ma table de nuit. Pas sur l’étagère avec les autres. Plus près. Pour ces matins où j’ai besoin de me sentir entière, assumée, magnétique.
Tabac Sahara reste sur ma peau comme un secret qu’on ne partage qu’avec les proches. Et franchement? C’est exactement ce que je cherchais sans le savoir.