Il y a des rencontres olfactives qui vous marquent. Celles où vous savez, dès la première seconde, que quelque chose d’inhabituel vient de se produire.
Tabac Sahara, je l’ai découvert par hasard. Un flacon ambré posé sur le comptoir chez Guerlain, alors que je cherchais autre chose. Le nom m’a intriguée – ce mélange de désert brûlant et de fumoir parisien. J’ai tendu mon poignet. Et là…
Cette première pulvérisation qui change tout
Les agrumes explosent. Framboise juteuse, presque bonbon. Mon cerveau se dit : “Ah, un parfum fruité de plus.”
Faux.
Trente secondes plus tard, le tabac arrive. Pas celui des cigarettes froides dans un cendrier (beurk). Non, quelque chose de plus noble. Feuilles séchées au soleil, légèrement sucrées. Cette transition m’a scotchée sur place. Comment dire… c’est comme si on passait d’un jardin méditerranéen à la bibliothèque d’un vieux palace.
Delphine Jelk, la parfumeuse derrière cette création, a osé un truc fou. Elle a pris un ingrédient typiquement masculin – le tabac – et l’a enrobé de douceur. Baies rouges, huile de rose… La rose justement, elle n’est pas sage du tout. Elle a du tempérament, cette rose-là.
Ce que personne ne vous dit sur les orientaux modernes
Bon, soyons honnêtes. Les parfums orientaux, ça peut vite tourner à la catastrophe. Trop lourds, trop sucrés, trop tout. On a toutes connu cette collègue dont le sillage précède l’arrivée de dix minutes…
Tabac Sahara évite le piège. Oui, c’est un oriental – vanille crémeuse, ambre chaleureux, toute la panoplie. Mais traité avec une légèreté presque française. L’ambre gris (cette note marine mystérieuse) empêche le côté patisserie d’envahir tout l’espace.
Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais il y a quelque chose de contradictoire dans ce parfum qui me fascine. Fruité mais fumé. Doux mais complexe. Féminin mais pas que. Porter Tabac Sahara un mardi matin au bureau ? Carrément possible. Le garder pour une soirée d’automne quand on veut se sentir unique ? Encore mieux.
Les notes qui racontent une histoire
Au départ : agrumes pétillants, framboise gourmande. Ça dure peut-être vingt minutes. C’est frais, presque innocent.
Au cœur : tabac noble, baies rouges, rose de caractère. Là, ça devient sérieux. C’est cette phase qui me rend accro – ce moment où le parfum révèle sa vraie personnalité.
Au fond : vanille, ambre, ambre gris. Le sillage devient presque hypnotique. Plusieurs personnes m’ont demandé ce que je portais quand j’arrive à cette phase-là. Pas de manière intrusive, plutôt avec curiosité.
Pourquoi Guerlain garde sa magie intacte
Entre nous, j’ai parfois l’impression que les grandes maisons jouent la sécurité. Elles sortent des flankers de flankers de flankers… Vous voyez le genre ?
Avec Tabac Sahara, Guerlain prouve qu’elle sait encore surprendre. Cette fiche complète sur ce parfum détaille toute la pyramide olfactive, mais franchement, il faut le sentir sur peau pour comprendre.
Delphine Jelk ne signe pas tant de créations que ça pour la maison. Quand elle le fait, on sent qu’il y a une vraie intention. Pas juste un brief marketing à remplir.
À qui je le conseillerais (et à qui non)
Si vous cherchez un parfum discret pour tous les jours… passez votre chemin. Tabac Sahara a du caractère. Il ne crie pas, mais il se fait remarquer.
Par contre, si vous aimez les parfums qui évoluent sur la peau, qui racontent quelque chose, qui créent une ambiance… là, on parle. Les amatrices d’orientaux modernes vont adorer. Celles qui trouvent La Vie est Belle trop sage aussi, probablement.
Ah, et j’oubliais – c’est commercialisé comme un parfum féminin, mais j’ai vu plusieurs hommes le porter avec classe. Ce tabac-vanille fonctionne vraiment sur tout le monde. Question de peau, de personnalité, d’audace peut-être.
Mon rituel avec Tabac Sahara
Je le porte quand j’ai besoin de me sentir… comment dire… un peu plus audacieuse. Les jours de réunions importantes. Les soirées où je veux qu’on se souvienne de moi. Pas tous les jours – ce serait gâcher la magie.
Deux pulvérisations suffisent. Une dans le cou, une sur le poignet. Plus, ce serait trop. Ce parfum n’a pas besoin qu’on en rajoute pour exister.
Ce que j’aurais aimé savoir avant
La tenue ? Excellente. Facilement 8-10 heures sur ma peau. Le sillage ? Modéré les premières heures, puis plus intime. Parfait pour moi qui déteste envahir l’espace des autres.
Le prix ? C’est du Guerlain, donc pas donné. Mais pour une fois, je trouve que la qualité justifie l’investissement. Certains parfums à 150€ disparaissent en deux heures. Pas celui-ci.
La saison idéale ? Automne-hiver, sans hésiter. En été, ce serait probablement trop riche. Quoique… les soirs de juillet quand la température baisse, pourquoi pas.
Ma conclusion très personnelle
Tabac Sahara fait partie de ces parfums qui divisent. Certaines de mes amies l’ont trouvé trop sophistiqué. D’autres sont tombées sous le charme immédiatement.
Moi, je l’ai adopté. Il y a quelque chose dans cette combinaison tabac-rose-vanille qui me parle. Peut-être parce que j’aime les contradictions. Les parfums qui refusent d’entrer dans une case.
C’est mon nouveau coup de cœur oriental – celui que je vais user jusqu’à la dernière goutte avant de racheter. Et croyez-moi, ça ne m’arrive pas si souvent.
Tout le monde va l’adorer ? Sûrement pas. Les audacieuses vont devenir obsédées ? Très probablement.