Il y a des parfums qu’on découvre par hasard. D’autres qu’on cherche. Et puis il y a ceux qui vous tombent dessus un mardi matin de février, sans prévenir.
Scandal Pour Homme Elixir, c’était ça pour moi.
Cette première rencontre qui change tout
J’étais chez Sephora. Pas pour acheter, juste pour traîner (vous voyez le genre ?). Et là, sur le présentoir Gaultier, ce flacon noir. Magnétique. J’ai vaporisé.
La cerise m’a saisie immédiatement. Pas une cerise timide de composition florale. Non. Une cerise concentrée, presque violente dans sa gourmandise. J’ai failli reposer le testeur tellement c’était… frontal.
Mais quelque chose m’a retenue. Cette sensation étrange qu’il se passait autre chose en dessous.
Quand la douceur bascule dans l’obscurité
Dix minutes plus tard, je sentais encore mon poignet. La cerise s’était calmée (un peu). Et le patchouli arrivait comme une vague sombre. Terreux. Presque minéral.
Comment dire… c’est difficile à décrire mais c’était comme si le parfum changeait de personnalité sous mes yeux. Du sucre au cuir brut. De la lumière à l’ombre.
Le patchouli ici n’a rien de décoratif. Il prend toute la place, il impose son caractère de bois humide et de terre retournée. Franchement ? J’adore cette brutalité assumée.
Pour celles et ceux qui veulent comprendre cette construction radicale, je vous conseille de découvrir notre analyse complète sur l’évolution du parfum.
La fève tonka qui sauve tout
Bon, soyons honnêtes. Sans la fève tonka en fond, ce parfum serait probablement invivable.
Mais elle est là. Poudrée juste ce qu’il faut. Vanillée sans être bonbon. Elle enrobe le patchouli, elle amadoue la cerise, elle crée ce pont entre gourmandise et sensualité.
Sur ma peau, ça donne quelque chose d’enveloppant après deux heures. Chaud. Presque câlin… tout en gardant cette pointe d’arrogance qui fait toute la signature Gaultier.
Ce que je ressens vraiment
Je ne sais pas trop comment l’expliquer mais ce parfum me fait penser aux contradictions qu’on porte tous. Cette façade gourmande qui cache quelque chose de plus complexe, de moins lisse.
Quand je le porte, je me sens… entière ? C’est bizarre à dire. Mais c’est comme si j’acceptais mes parts d’ombre en même temps que mes envies de légèreté.
Les moments où je le porte
Pas tous les jours. Non.
Scandal Pour Homme Elixir, c’est mon parfum des soirs où je veux qu’on me remarque sans que je fasse d’efforts. Des diners entre amis où je sais que la soirée va déraper (dans le bon sens). Des rendez-vous où je n’ai pas envie d’être gentille.
L’autre jour, je l’ai mis pour aller travailler. Erreur. Mon collègue de bureau m’a demandé si j’avais “changé de parfum pour impressionner quelqu’un”. J’ai ri jaune. Ce parfum parle trop fort pour un lundi matin au bureau.
Mais le week-end ? Ah, le week-end il est parfait. Quand je descends boire un verre en ville, quand je retrouve ma bande pour un concert, quand je veux juste me sentir vivante.
Cette puissance qui dérange
Je dois vous prévenir. Ce n’est pas un parfum discret.
La projection est… comment dire… massive ? On vous sent arriver. On vous sent partir. Et pendant que vous êtes là, on ne sent que vous.
Personnellement, j’aime ça. Mais je comprends que ça puisse gêner. Ma sœur déteste. Elle dit que “ça sent trop fort, trop sucré, trop tout”. Mon meilleur ami, lui, m’a demandé la référence après m’avoir croisée dans la rue.
Voilà. Ça divise.
Pourquoi Gaultier a eu raison d’oser
On est en 2026. Les parfums masculins sont souvent… prévisibles ? Boisés aquatiques par-ci, fougères aromatiques par-là. Du propre. Du sage. Du rassurant.
Et puis il y a Scandal Pour Homme Elixir qui débarque avec sa cerise écrasée et son patchouli de bûcheron. Qui assume le côté oriental boisé jusqu’au bout. Qui ne cherche pas à plaire à tout le monde.
J’applaudis cette audace. Vraiment.
Jean Paul Gaultier a toujours aimé bousculer les codes (rappelez-vous Le Male et son corset de marin). Avec cet Elixir, la maison continue sur cette voie de l’impertinence élégante.
L’oriental boisé réinventé
Cette famille olfactive, je la connais bien. J’ai porté des tas d’orientaux boisés dans ma vie. Des classiques aux confidentiels.
Mais celui-ci… il a quelque chose en plus. Cette note fruitée qui n’a rien à faire là normalement. Ce contraste violent entre douceur et brutalité. Cette façon d’être gourmand sans être gentil.
C’est un oriental boisé pour ceux qui en ont marre des orientaux boisés, si vous voyez ce que je veux dire.
Ma confession finale
Je l’ai acheté. Évidemment.
Pas le jour même (je me suis retenue). Mais une semaine plus tard, je suis revenue. J’ai vaporisé à nouveau. Et là, j’ai su.
Ce parfum n’est pas parfait. Il est trop puissant, trop gourmand au départ, trop polarisant probablement. Mais il me ressemble dans mes excès.
Quand je regarde le flacon noir sur ma commode, je souris. Parce que je sais que dedans, il y a cette énergie brute que j’aime tant. Cette cerise insolente. Ce patchouli qui ne s’excuse de rien. Cette fève tonka qui adoucit juste assez.
Est-ce que je le recommande à tout le monde ? Non. Est-ce que ceux qui l’essaieront vraiment – en lui laissant le temps de se dévoiler – risquent de devenir accros ? Probablement. Est-ce que je le regrette ? Jamais.
Scandal Pour Homme Elixir, c’est mon scandale olfactif à moi. Celui que j’assume complètement.
Et vous, vous oseriez ?