Mon Paris : le parfum qui m’a fait croire à l’amour fou

La première fois que j’ai senti Mon Paris, j’étais en pleine rupture. Pas le genre propre qui se termine devant un café et un “restons amis”. Non. Le genre chaotique, avec larmes dans le métro et textos à 3h du matin qu’on regrette au réveil. Je me souviens être entrée chez Sephora sans but précis, juste pour m’échapper, et là… ce flacon rose et doré.

Le choc olfactif d’un après-midi de novembre

Le premier spray sur ma peau m’a stoppée net. Comment dire… c’était violent. Pas désagréable, non. Juste impossible à ignorer. Une explosion de fraises tellement sucrées que j’ai failli reposer le testeur. Mais quelque chose m’a retenue. Peut-être cette note poivrée qui chatouillait déjà derrière le fruit. Ou ce pressentiment étrange qu’on a parfois.

J’ai attendu. Cinq minutes. Dix.

Et là, le parfum a commencé à respirer différemment sur ma peau. Les fraises se sont calmées, laissant place à quelque chose de plus sombre. Du patchouli, j’ai appris plus tard en consultant la fiche complète. Mais à ce moment-là, je ne cherchais pas à analyser. Je ressentais.

Cette dualité qui fait mal

Mon Paris, c’est un paradoxe ambulant. Sucré mais pas doudou. Gourmand mais jamais réconfortant. Il y a une tension permanente entre la douceur des baies rouges et cette base boisée presque masculine qui refuse de se laisser apprivoiser. Exactement comme moi à cette période – tiraillée entre l’envie de me reconstruire gentiment et celle de tout brûler.

La framboise écrasée du départ ressemble à un souvenir d’enfance. Les tartelettes du dimanche chez ma grand-mère. Mais très vite, le jasmin arrive et change tout. Un jasmin capiteux, presque indécent, qui n’a rien de virginal. Puis ce patchouli obsédant qui s’incruste et refuse de partir.

Les jours Mon Paris

Je ne le porte pas tous les jours. Impossible. C’est trop intense, trop présent. Mon Paris exige quelque chose de moi – une énergie, une audace que je n’ai pas toujours au réveil. Les matins où je l’applique, je sais que la journée sera différente.

Il m’accompagne pour les rendez-vous qui me stressent. Les présentations importantes. Les dîners où je veux qu’on se souvienne de moi. Pas par calcul… plutôt comme une armure parfumée. Quand je sens Mon Paris sur mon poignet, je me tiens plus droite. Je parle plus fort. Je ris différemment.

Les réactions des autres

Bon, soyons honnêtes. Ce parfum divise. Radicalement.

Ma sœur dit qu’il sent “la bonbonnière qui aurait trop vécu”. Mon collègue de bureau m’a demandé si j’avais changé de lessive. Mais cette inconnue dans l’ascenseur qui s’est retournée pour me demander ce que je portais… son regard disait tout. Ce genre de complicité silencieuse entre femmes qui partagent le même rapport à la féminité excessive.

Parce que c’est ça, Mon Paris. Excessif. Trop sucré pour les minimalistes. Trop entêtant pour les discrètes. Trop tout pour celles qui aiment la retenue. Mais pour nous autres, les maximalistes du quotidien… c’est presque une évidence.

Ce que personne ne dit sur Mon Paris

La tenue. Mon Dieu, la tenue. Je me suis réveillée avec ce parfum encore présent sur ma peau après une nuit complète. Pas juste des traces – non, vraiment présent. Mes pulls le gardent pendant des jours. Mon écharpe en cachemire sentait encore le patchouli après deux lavages.

C’est parfois gênant, franchement. Les jours où je veux porter autre chose, je dois attendre. Mon Paris ne partage pas. Il squatte l’espace olfactif avec une assurance déconcertante.

L’évolution sur ma peau

Le plus fascinant reste comment il mute au fil des heures. Le matin, c’est presque une adolescente qui découvre le rouge à lèvres – sucré, enjoué, un peu trop. À midi, ça devient une femme qui sait ce qu’elle veut. Le soir… quelque chose de plus trouble. Le patchouli prend le dessus, la douceur initiale n’est plus qu’un souvenir, et il reste cette traînée ambrée presque animale.

Sur mes chemises blanches, ça donne un résultat différent que sur ma peau nue. Plus sec, moins fruité. J’ai l’impression de porter deux parfums selon que je vaporise sur mes vêtements ou directement sur mes poignets.

Un an après

Mon flacon rose est à moitié vide maintenant. La rupture est loin derrière moi. J’ai reconstruit des choses, lâché d’autres. Mais Mon Paris est resté.

Pas comme un souvenir douloureux – plutôt comme un témoin. Il a vu mes moments de faiblesse et mes petites victoires. Il était là pour ce premier rendez-vous post-séparation (catastrophique, mais bon). Pour cette promotion inattendue. Pour ce dîner où j’ai ri jusqu’à en pleurer.

Aujourd’hui, quand je le porte, je ne pense plus à la fille brisée qui l’a découvert. Je pense à celle que je suis devenue. Plus forte? Je ne sais pas trop. Différente, clairement. Moins effrayée par sa propre intensité.

À qui je le conseillerais

Aux femmes qui en ont marre d’être sages. À celles qui veulent qu’on se retourne sur leur passage – pas pour leur décolleté mais pour leur sillage. Aux amoureuses de la fraise qui ne veulent pas sentir la barbe à papa pour autant. Aux fans de patchouli qui cherchent une version moins hippie-chic.

Mais attention. Testez-le longuement. Vraiment. Portez-le une journée entière avant de l’acheter. Mon Paris n’est pas un coup de cœur instantané pour tout le monde. C’est plutôt le genre de parfum qui vous obsède lentement, qui s’installe dans vos pensées jusqu’à ce que vous craquiez.

Ce que je n’aime pas

L’overdose guette. Deux sprays suffisent amplement – trois et vous devenez cette personne qu’on sent arriver trois minutes avant qu’elle n’entre dans la pièce. Pas glamour.

Le côté bonbon du départ me fatigue parfois. Certains matins, j’ai juste envie de cette base boisée magnifique sans passer par la case fruiterie. Impossible. Il faut accepter le voyage complet ou s’abstenir.

Et puis cette réputation de “parfum de jeune fille”. Mon Paris a souffert de son succès auprès des ados. Certaines le snobent pour cette raison. Dommage. Elles passent à côté de cette complexité qui n’a franchement rien de puéril.

Ma vérité sur Mon Paris

Entre nous… je ne suis pas certaine que ce soit mon parfum préféré. Il y a des jus que j’aime plus viscéralement, qui me ressemblent davantage. Mais Mon Paris occupe une place à part. C’est celui qui m’a appris qu’on pouvait être douce ET féroce. Sucrée ET sombre. Féminine sans être fragile.

Il m’a aussi appris que la féminité YSL, c’est pas juste du marketing. Il y a vraiment cette vision de la femme libre, contradictoire, impossible à enfermer dans une case. Le genre de femme que j’essaie d’être la plupart du temps.

Alors oui, il est excessif. Oui, il ne plaît pas à tout le monde. Oui, il vous suivra pendant des heures sans vous demander votre avis. Mais franchement… n’est-ce pas exactement ce qu’on attend d’un grand parfum? Qu’il nous bouscule un peu?

Mon Paris m’a bousculée. Continue de le faire. Et je crois que c’est pour ça que ce flacon rose ne quittera jamais ma collection.

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Emma Jaubert

Passionnée de parfums, j'explore les fragrances avec émotion et sincérité. Chaque flacon raconte une histoire, et je suis là pour la partager avec vous.

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